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Le jour simple est un mouroir.
Aimé Césaire
 
Comme l’enfant dans les bras de sa mère,
Enveloppé dans les bras de sa bien-aimée,
L’habit rougi par les larmes de son âme brisée,
Le soldat livre ses paroles les dernières :
 
«Ô toi pour qui j’ai couru mille lieux,
Ô toi pour qui j’ai chanté divines louanges,
Ô toi pour qui j’ai combattu anges Étranges,
Reçois la dernière lueur de ces yeux ;
La Vie me jeta en ce sombre abîme, 
Jadis paradis des Premiers Êtres sublimes ;
Je naquis, et tout m’était obscurité,
Je naquis, et tout m’était vanité,
Mais quand ces deux yeux, noirs météores,
Rencontrèrent ces doux yeux, amoureuse,
Ô Shakuhachi ! ma douce flûteuse !
Mon âme pleura, et pleura encore ;
Et tout alors, en ce monde, me devint clair : —
Par tes yeux j’entrai dans la Lumière.»
 
Or, la belle étoile aux yeux noirs d’ébènes,
Doux cheveux ornés de fraîches marjolaines,
Regardait, amoureuse, l’âme de son amant…
Une mer de douleur en son cœur débordant,
Jusqu’au-delà de ses cieux, divins paysages,
Souleva ses noirs flots, ô âmes meurtries !
Et, aux coins de ses yeux, timides rivages,
Coulaient deux fleuves par la douleur rougis.
 
                                                     F. NOUMARK WILFRIED KAMENAN
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Peinture: Alessandro Turchi, La mort de Cléopâtre, vers 1640
huile sur toile 255 cm x 267 cm 
Tag(s) : #Poésie

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